Le nouveau C Magazine

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Bienvenue dans notre nouveau magazine, écrit et conçu chaque trimestre pour vous aider à trouver les vacances en mer parfaites. C Magazine est la première revue de croisières pour le consommateur à paraître sur le marché belge, et un des rares magazines en Europe spécialisé dans le secteur des croisières. Cela peut surprendre, étant donné que l’industrie des croisières connaît une croissance prodigieuse, en Belgique comme dans le reste de l’Union européenne. Or, comme le succès des croisières est appelé à durer, nous voulons nous assurer que vous profiterez au mieux de vos vacances en mer.

Songez simplement au fait que, au moment où vous lisez ces lignes, des centaines de navires de croisière sont en train de sillonner les mers aux quatre coins du globe. Cette semaine, comme chaque semaine, plusieurs dizaines de milliers de passagers sont en train de vivre des expériences qui n’ont été aussi accessibles qu’aujourd’hui. Des passagers embarquent sur des zodiacs en Antarctique pour se faufiler dans des passages semés d’icebergs. D’autres descendent à terre pour explorer les îles des Caraïbes et l’Amérique du Sud. Bientôt, une multitude de navires croiseront dans les eaux littorales d’Europe du Nord et d’Alaska où les passagers vivront également une foule d’expériences enrichissantes.

En coulisse, les organisateurs de croisières se lancent à la recherche de nouvelles destinations. Des cartes géographiques tâchées de café s’entassent sur les bureaux des planificateurs d’itinéraires alors que ceux-ci tracent de nouvelles routes et repèrent de nouveaux ports pour les passagers. Les lignes de croisières profitent clairement du fait que 70% de la surface du globe est couverte d’eau – un signe prometteur pour les croisiéristes à la recherche de nouveaux horizons et de nouveaux endroits à découvrir.

Chez C Magazine, nous planchons sur nos propres nouveaux parcours. Inspiré du magazine américain The Avid Cruiser, C Magazine ne manquera cependant pas d’afficher sa propre identité. Parallèlement, nous pourrons bénéficier de la vaste expérience de The Avid Cruiser, puisque le lien qui nous unit à nos confrères d’outre-atlantique nous donne accès à certains des meilleurs chroniqueurs spécialisés. Notre magazine a été conçu spécialement pour les voyageurs exigeants, que plus rien n’impressionne, et qui souhaitent être les premiers à découvrir des produits et des destinations originaux et innovants. Chaque article dans C Magazine sera consacré uniquement aux expériences accessibles aux passagers des croisières. Notre objectif est de vous aider à poser les choix les plus judicieux pour vos vacances et de vous offrir autant d’informations que possible sur les navires à bord desquels vous naviguerez et sur les endroits que vous visiterez.

Nous vous invitons à participer en nous écrivant à editorial@c-magonline.com. Faites-nous part des endroits que vous avez visités – ou que vous souhaitez visiter – et de vos expériences en mer. Ensemble, nous explorerons une infinité de possibilités pour les gens qui, comme nous, aiment voyager sur les océans.

Bon voyage !

Ralph Grizzle
Andreas Lundgren

Rédacteurs en chef

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Reportage : le Queen Victoria

Camilla and Crew

Comment est-ce à bord du nouveau Queen Victoria de la Cunard Line ? Pour s’en faire une idée, le mieux est de penser aux chapeaux. Lors du baptême du paquebot, en décembre dernier, dans le port anglais de Southampton, il était difficile de trouver une femme sans couvre-chef.

Prince CharlesBords larges ou étroits, fleurs ou plumes : les chapeaux en tous genres ornaient les têtes tournées vers la scène, où Carol Marlow, présidente de la Cunard Line, accueillait – avec un chapeau particulièrement élégant – la duchesse de Cornouailles. Celle-ci, plus connue sous le nom de Camilla, a donc brisé une bouteille de champagne sur la coque du nouveau navire, marquant l’entrée en service du Queen Victoria. Et que portait-elle ? Un chapeau, pardi !

Les chapeaux étaient déjà omniprésents les jours précédant la cérémonie. Lors du voyage inaugural, les femmes ont soigné leur coiffure pour la ‘hat parade’ du Royal Ascot Ball. La reine Victoria elle-même aurait apprécié : la souveraine qui a régné le plus longtemps sur la Grande-Bretagne aimait particulièrement les chapeaux. D’après un article du London Mail de 1901, c’est elle qui imposa aux Anglaises les modes en la matière.

Si cette place réservée au chapeau vous semble un peu anachronique, vous êtes sur la voie. Le Queen Victoria offre un cadre idéal à tous les nostalgiques de l’âge d’or des voyages océaniques, une époque où les paquebots arboraient une élégante grandeur, une époque où le chapeau était en vogue.

Rien d’un bateau de croisière

Queen VictoriaTandis que je flâne sur le pont du Queen Victoria en smoking, un verre de champagne à la main, j’ai l’impression d’assister au mariage harmonieux d’une scène de théâtre et d’un navire océanique. Comme si Disney rencontrait le Titanic. Avec un happy end. Mais rien n’est forcé, tout reste naturel.
En fait, explique Marlow, le Queen Victoria, avec ses 2.014 passagers, est grand sans être grandiose, glamour sans être kitsch. Ce n’est pas un bateau de croisière : c’est un paquebot. Marlow nous parle de voyages plutôt que de croisières, et dans son esprit, ces distinctions sont importantes. Nous pourrions dire que sur le Queen Victoria, on ne vit pas une évasion contemporaine, mais l’expérience d’un autre monde.

A bord du Queen Victoria, je m’imagine aisément partir pour un grand voyage sur les mers du monde. Comment résister à cette idée ? La nostalgie d’une époque révolue est omniprésente. En entrant au Britannia, un restaurant à étage, je tombe en arrêt devant la splendide pièce centrale : un globe terrestre tournant, de style Art Déco, de 3 mètres de haut. Une merveilleuse évocation de la riche histoire de Cunard sur tous les océans de la planète.

Œuvres d’art originales, chandeliers muraux, bois poli, bronze, miroir, plafond doré : le Britannia s’inspire de la voiture-restaurant du Golden Arrow, le prestigieux train qui reliait Londres à Paris.
S’il n’y a plus de classe ‘entre-pont’ sur le Queen Victoria, quelque chose rappelle néanmoins la division en classes sur les paquebots d’hier. Sur le Pont 12, les restaurants Queen’s Grill et Princess Grill sont réservés aux passagers des suites du même nom (on dénombre 127 suites de 31 à 198 mètres carrés). Ces endroits traditionnels, plus petits que le Britannia, sont accessibles par un ascenseur privé que l’on commande avec la carte de la cabine.

Royal Court TheatreMais le lieu le plus nostalgique est sans doute le Royal Court Theatre. Conçu sur le modèle d’un grand théâtre du West End, il présente une première sur un bateau : 16 loges privées surplombant la scène. Les loges, qui peuvent accueillir de deux à huit personnes et couvrent trois ponts, sont meublées d’élégants fauteuils et de tables de cocktail.

Le prix - €34 par couple – donne droit à de nombreux extras : un cocktail avant le spectacle dans un bar privé, une bouteille individuelle de Veuve Cliquot et des truffes. Vous avez besoin d’autre chose pendant la représentation ? Tirez sur le cordon de velours. « You rang, Sir ? »Queen Victoria Staff

Une tranche d’Angleterre

En sortant du Royal Court Theatre, vous tomberez sur les boutiques chics du Royal Arcade, une zone de shopping reproduisant l’ambiance de la Burlington Arcade londonienne. Au centre, une grande horloge construite par l’entreprise à qui nous devons celle de Big Ben. Toutes les heures, on entend le carillon de Westminster.

De part et d’autre, l’horloge est flanquée d’un escalier spectaculaire, orné de détails complexes en fer forgé. Avec un tel souci de la fidélité historique, le Queen Victoria est un cadre de vie autant qu’un navire. Je m’imagine marchant dans les rues de Londres tandis que je traverse le Royal Arcade pour gagner le Golden Lion, un pub typiquement britannique où les barmen servent la bière et le stout au fût. Sur un tableau noir, ils ont inscrit à la craie les suggestions du pays, toutes les spécialités habituelles des pubs. Toutes gratuites. Le pub est parfaitement authentique, jusqu’au tapis rouge et aux bois sombres.

Si vous êtes anglophile, le Queen Victoria sera votre tasse de thé. A propos de thé, il est servi chaque jour en gants blancs dans la salle de bal baptisée ‘Queen’s Room’. Chez Cunard, on considère le thé de cinq heures comme la coutume ‘la plus civilisée’.

Plus anglophile encore, le Churchill’s Cigar Lounge, un salon intime offrant un choix de cigares et de pousse-café au milieu des photos du célèbre Winston. J’ai aussi rendu visite au Veuve Cliquot Champagne Bar, d’inspiration Art Déco, qui domine le Grand Lobby. On peut y voir des toiles représentant le lancement du Queen Mary original. En fait, le passé de Cunard est dépeint partout, en particulier dans la Cunardia, une excellente exposition des souvenirs historiques de la compagnie.

The Library Spiral StaircaseQuant au Grand Lobby – plafond triple hauteur, vastes escaliers, balcons sculptés –, il fait revivre l’ambiance que l’on trouvait sur les paquebots Cunard d’antan. Une belle représentation couleur bronze du Queen Victoria émergeant d’un motif de soleil et de terre accueille le visiteur.

Accessible par le Grand Lobby, la bibliothèque – The Library – propose plus de 6.000 ouvrages. Elle occupe deux ponts, les niveaux étant interconnectés par un escalier en colimaçon.

Espaces publics à deux ou trois niveaux, bois foncés, rouges profonds, nuances de jaune et d’or caractérisent l’intérieur du Queen Victoria. Mais à mes yeux, le navire sera toujours sépia. Il évoque en effet une époque révolue, une ère de grandeur et d’opulence où les paquebots portaient des noms de reines, où les dames portaient de magnifiques chapeaux.

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Les Caraïbes aux côtés du capitaine

Captain Albert Schoonderbeek

Envie de connaître les sensations que l’on éprouve à la barre d’un gros paquebot ? Pendant que nous suivons le capitaine Albert Schoonderbeek durant une croisière de 14 jours dans les Caraïbes, à bord du Veendam de la Holland America Line, il pense généralement à autre chose qu’aux plages, au shopping ou à la détente. Un œil sur les horaires, l’autre sur le bateau et les prévisions météo… Voici des extraits du blog du capitaine : www.avidcruiser.com/albert

25 novembre, Tampa

Nous partons pour une croisière de 14 jours. Il y a un tas de choses à embarquer. Par trois accès, plusieurs batteries de dockers rangent les bagages, les provisions, les pièces de rechange.

Le départ était prévu pour 17 heures, mais à 16h55, nous avons largué les amarres et traversons Tampa Bay aussi rapidement que la sécurité le permet. Vingt heures quinze : le pilote nous quitte, et je peux commencer à pousser les machines. Il reste à attendre ce que la nuit nous réserve en termes de vitesse : l’arbre de notre hélice tribord n’est pas encore réparé. Il a commencé à nous jouer des tours lors de notre dernière croisière.

26 novembre, en mer
Notre progression n’est pas aussi bonne que je l’espérais. Nous faisons mieux qu’au précédent voyage, mais nous n’arrivons pas au rendement maximum des deux hélices. Je dois remplacer San Juan par St Thomas. Fort vent debout pendant la journée, mais sur les ponts arrière, il fait très agréable. La plupart des passagers prennent le soleil.

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27 novembre, en mer
Deuxième jour de mer. Une fois encore, le temps est au beau fixe. Les nouvelles de la salle des machines sont positives. Le rendement des hélices s’améliore, donc la vitesse aussi. Mais il faudra plusieurs jours avant de constater la différence.

Nous avons embarqué des gens que l’on ne connaît guère : l’équipe chargée d’entretenir l’ameublement. Souvent, les passagers ne se rendent pas compte de l’importance de ces artisans. Pourtant, leur rôle est essentiel dans le bon état de l’aménagement intérieur.

En dehors de la cale sèche (tous les deux ans environ), le gros de l’entretien d’un paquebot se fait pendant les mouvements. Suivant un programme régulier, on renouvelle petit à petit les rideaux, les tapis, les chaises, les canapés.

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28 novembre, en mer
Dans l’après-midi, un champ de vagues de l’Atlantique Nord vient à notre rencontre. Les vagues atteignent 2,5 à 3 mètres, avec des pointes à 3,5 mètres. Le navire tangue et perd de la vitesse. L’arbre tribord n’apprécie pas non plus. A certains moments, nous devons réduire les machines. Allons-nous prendre du retard ? Combien ? Tout dépendra de l’importance de ce champ de vagues.

D’après la météo, le champ de vagues n’est pas censé atteindre la côte de Porto Rico. Nous nous en approchons ; j’espère pouvoir en profiter. Nous verrons.

29 novembre, St-Thomas
Eh bien, le champ de vagues est arrivé à Porto Rico. Nous avons dû le traverser dans toute sa longueur. Mère Nature nous a oubliés ; les vagues se sont succédé jusqu’aux environs de 6 heures du matin. C’est avec 3 heures de retard que nous avons accosté à Crown Bay, St-Thomas.

Bonne nouvelle pour tout le monde : trois coursiers nous attendaient sur le quai avec les dernières pièces de moteur dont nous avions besoin.

L’après-midi, tandis que je travaillais à mon bureau, événement inattendu : le bateau est soudain secoué. Au départ, le pilote m’avait signalé un séisme de magnitude 7,3 au large de la Martinique. L’onde de choc s’est propagée dans tout l’est des Caraïbes, et c’est elle qui m’a surpris dans mon bureau. Le navire n’a pas souffert ; les Iles Vierges non plus.

30 novembre, Roseau, Dominique
Le vent n’est tombé qu’au début de la matinée. L’arbre tribord a nécessité un ralentissement ; nous sommes arrivés à la Dominique avec une bonne heure de retard. Je crois que je n’ai jamais accosté aussi vite. Le pilote, pourtant noir de jais, a pâli quand j’ai aligné le bateau sur le quai.

Dans l’après-midi, bonne nouvelle : l’ingénieur en chef nous dit que nous pouvons augmenter fortement la puissance à bâbord.

Pour quitter la Dominique, nous nous éloignons latéralement du quai comme à l’accoutumée. Cinq minutes plus tard, nous faisons route vers la Barbade. Un voyage de nuit agréable et tranquille. Tout va bien dans la salle des machines. Pas de souci, donc.

Je me plains du temps depuis quelques jours. A présent, le vent tombe soudainement.

Electronic Chart Barbados
1er décembre, la Barbade
A Bridgetown (la Barbade), le samedi est un jour très animé. Nous y avons rejoint l’Emerald Princess, le Star Clipper, le Veendam, le Seabourn Pride, un pétrolier, deux navires d’appui de la Royal British Navy et un destroyer français.

Juste après 7 heures du matin, nous étions amarrés au quai du sucre pour une longue journée au port : j’avais en effet différé le départ de deux heures.

Nous étions très près du terminal passagers, mais le problème du quai du sucre, c’est que le bateau ne peut accoster que par tribord. Si nous arrivions dans l’autre sens, une des tours du convoyeur de sucre toucherait notre restaurant Lido. Le second est très ennuyé : il tient absolument à aborder par bâbord chaque fois que c’est possible pour procéder à l’entretien de la coque de ce côté. Mais dans la majorité des ports, nous devons accoster par tribord à cause de la configuration des lieux. C’est le cas à la Barbade. Si les deux solutions sont possibles, quelqu’un d’autre décide pour moi. Qui a dit que j’étais seul maître à bord ? Je fais ce qu’on me dit de faire.
Sugar Elevator Barbados

Très beau départ : pas de vent, les mâts du Star Clipper sont éclairés, le terminal cargo abondamment illuminé, et le ciel regorge d’étoiles.

2 décembre, St-Georges, Grenade
Panique ce matin parmi les autorités locales. Pendant la nuit, une des grosses bouées du chenal a disparu. Personne ne sait où elle est passée. Ces bouées sont pourtant visibles : environ 1,8 mètre de haut, 1 mètre de diamètre, quelques 500 kilos, avec une grosse chaîne qui les relie à un bloc de béton au fond de la mer. Ce n’est donc pas un petit bateau qui l’a effleurée en passant.

Les recherches n’ont encore rien donné ; elles vont se poursuivre.

Je viens à Grenade de temps en temps depuis 1986. On peut constater l’impact positif des croisières sur l’économie locale. De plus en plus de maisons sont rénovées, et les nouvelles constructions se multiplient.

Après avoir contourné la jetée, nous mettons le cap au sud-ouest, vers la côte est de l’Isla de Margarita. Nous y serons demain.

3 décembre, Isla de Margarita
Nous savions que nous allions jeter l’ancre aujourd’hui : le Holiday Dream (Pullmantur) occupait le quai pour le transbordement de ses passagers.

Nous avons passé la journée au mouillage, et nos clients ont pris une navette pour aller à terre. Comme il n’y avait aucun vent, le bateau restait tranquillement au-dessus de l’ancre, flottant paresseusement au gré des marées.

Nous avons ‘dérapé’ l’ancre à 16h30 et quitté El Guamache à 17 heures, tous les passagers à bord et les chaloupes remontées. Demain, nous serons à Bonaire. D’ici là, en avant toutes pour arriver à temps.

4 décembre, Kralendijk, Bonaire
Kralendijk est loin d’El Guamache. Dès que nous avons quitté le mouillage, il a fallu pousser les moteurs. Je croisais les doigts en espérant que notre vitesse retrouvée se maintiendrait. Une heure plus tard, nous filions à 19 nœuds. Parfait. Arrivée à l’heure prévue à la station pilote.

Souvent, les passagers sont surpris en arrivant à Bonaire. Parce que c’est une petite île, dès qu’ils l’aperçoivent, ils croient qu’ils y sont. Malheureusement, il n’en est rien. Bonaire a la forme d’une banane ; Kralendijk occupe l’emplacement de l’autocollant. Si vous arrivez du sud comme nous, il vous reste 40 minutes de navigation vers le nord avant de ralentir et d’embarquer le pilote.

L’escale fut relativement longue : j’avais prolongé la visite de 2 heures pour récupérer une partie du temps perdu au début de la croisière.

Nous avons quitté Bonaire juste avant 20 heures, pour nous diriger à la vitesse modérée de 15 nœuds vers le port suivant : Oranjestad, à Aruba.

5 décembre, Oranjestad, Aruba
Le temps calme – peu ou pas de vent – persiste. En arrivant ce matin à Aruba, où le vent est normalement fort, nous n’avons trouvé qu’une très légère brise. Tant mieux : le vent ne facilite pas l’accostage.

C’est une des raisons pour lesquelles j’arrive toujours très tôt. Le vent est moins fort avant le lever du soleil.

Le séjour à Aruba est court, car il reste une bonne distance jusqu’à Grand Cayman. Il faut une vitesse moyenne de 19 nœuds pour gagner cette destination à temps. Tout le monde étant remonté à bord juste après 14h30, nous avons donc filé vers la sortie du port, pris congé du pilote en mettant le cap sur le nord ouest, et mis la vapeur. Trente minutes plus tard, nous volions.

Demain, une journée de mer nous attend. Les prévisions météo sont très bonnes.

6 décembre, en mer
Journée de réunions. Le navire croise allègrement vers Grand Cayman, à la vitesse qu’il faut pour arriver à temps. Cela nous laisse le temps d’expédier quelques opérations ‘de fin de mois’. Nous avons par exemple plusieurs réunions mensuelles de comité, où se rencontrent les représentants des différents départements du bord.

Il y a aussi des réunions hebdomadaires et – comme dans toutes les grandes organisations – une foule de réunions départementales quotidiennes. Si je recevais un dollar chaque fois qu’une réunion est organisée quelque part sur le bateau, je conduirais une plus grosse voiture.

Demain, nous serons à Grand Cayman. La météo nous promet une très belle journée, sans front froid en vue. Durant la dernière croisière, c’est un front froid soudain qui m’avait forcé à annuler l’escale de Grand Cayman, mais les choses se présentent mieux cette fois.

7 décembre, Georgetown, Grand Cayman
Magnifique journée, d’autant que nous étions le seul navire dans le port : pas de files dans les boutiques, pas de touristes encombrant la rue principale. Nous avions la ville pour nous seuls ! Que demander de mieux ? Le soleil a brillé toute la journée, avec une petite brise rafraîchissante.

Une petite brise extrêmement importante pour moi : elle est indispensable pour conserver au bateau sa position. Georgetown est un endroit bizarre : s’il y a trop de vent ou s’il vient d’une mauvaise direction, il faut annuler l’escale. Et si le vent est trop faible, vous ne pouvez pas ancrer le navire, qui dérive sur les récifs.

Nous avons quitté Grand Cayman à temps, mettant le cap sur la pointe ouest de Cuba. Notre destination finale est Tampa. Cette dernière portion du voyage devrait bien se passer : la météo reste favorable.

8 décembre, en mer, retour au port
Demain, nous serons à Tampa, et j’entamerai un congé de quatre mois. Normalement, mon collègue et moi alternons trois mois de mer et trois mois à terre, mais à cause de la conférence annuelle des capitaines, nous avons cette fois appliqué un rôle de quatre mois, puis de deux. Résultat : je serai à bord pour Noël 2008, après avoir passé les fêtes des deux années précédentes chez moi.

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Trollfjord

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Il est plus tard que vous ne le pensez – il n’était pas loin de minuit, en fait, lorsque votre navire est entré dans le Trollfjord, en Norvège. La veille, nous avions franchi le Cercle Arctique pour entrer dans le mystérieux “Pays du Soleil de Minuit”. Sous ces latitudes, le soleil s’attarde et glisse sur l’horizon, derrière lequel il ne couchera pas durant presque tout le mois de juillet. C’est ainsi que, même au milieu de la nuit, Trollfjord accueille les passagers avec un rayon de soleil.

Ce petit fjord forme un bassin flanqué de murs de roche recouverts de neige, de végétation et de chutes d’eau. Un même passage constitue l’entrée et la sortie. Trollfjord, un des sites majeurs de la plupart des itinéraires de la compagnie Hurtigruten, est également la patrie des mythiques trolls du folklore scandinave. Nous n’en avons vu aucun, mais n’avons pas manqué de goûter à la traditionnelle soupe de Troll de Hurtigruten.

Sous l’affiche “Le plus beau voyage du monde,” Hurtigruten a commencé les voyages côtiers il y a de cela plus d’un siècle pour assurer la distribution du courrier. Aujourd’hui, ses croisières, organisées toute l’année, contribuent encore à l’approvisionnement tout au long des côtes spectaculaires de Norvège.

Photo : Mike Louagie

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